Lorsque j’ai appris à tricoter il y a plus de 10 ans, ma grand-mère m’avait montré sa manière de tricoter à elle, qui est celle de la plupart de nos mamies j’imagine : le tricot à plat. Si l’on passe outre le fait que j’ai tricoté des mailles torses sans le savoir pendant un nombre d’années non négligeable (…), j’avais acquis suffisamment d’aisance avec le tricot pour passer au niveau supérieur : le tricot en rond !
J’ai tout de même mis du temps à franchir le pas, entre le moment où j’ai commencé à m’intéresser à cette technique et le moment où j’ai finalement monté mes premières mailles sur des aiguilles circulaires… Et c’est parce que c’est encore bien frais dans ma tête que je me suis proposée de vous faire un retour sur mon expérience ! Ainsi qu’une revue du patron sur lequel je me suis lancée pour ce premier tricot circulaire : le Stockholm sweater de Petite Knit. C’est parti !

Les aiguilles

La particularité des aiguilles circulaires, c’est qu’elles sont reliées entre elles par un câble. Plusieurs avantages à cela : si vous tricotez à plat, vous ne perdrez jamais votre seconde aiguille, puisqu’elle est rattachée à la première… Pour les châles, c’est aussi très pratique, car les aiguilles droites sont bien souvent trop courtes pour pouvoir y faire tenir suffisamment de mailles pour tricoter un grand châle.
Enfin, et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui : les aiguilles circulaires permettent de tricoter en rond, ou plutôt en tube, ou en spirale si vous préférez ! Par exemple, pour tricoter le corps d’un pull, on le tricote en une seule pièce tubulaire, sans couture à faire à la fin (contrairement au tricot à plat, où on devra d’abord tricoter le devant, puis le dos, et ensuite les assembler par des coutures).
Pour ce faire, on choisit un câble légèrement plus court que le diamètre de la pièce à tricoter, et on tricote de la même manière que si l’on tricotait à plat, sauf qu’on ne fait pas d’aller-retour : on tricote toujours sur l’endroit de l’ouvrage, en tournant en spirale.
Pour tricoter du jersey par exemple, il suffit de tricoter des mailles endroit à chaque rang, car on travaille toujours sur l’endroit de l’ouvrage. On n’a donc pas besoin d’alterner des rangs de mailles endroit et des rangs de mailles envers !

Comme j’avais dans l’idée de me mettre prochainement au tricot circulaire, j’ai demandé à recevoir pour mon dernier anniversaire un kit d’aiguilles circulaires interchangeables Hiya hiya sharp. J’en avais entendu beaucoup de bien, et le fait de pouvoir dissocier les aiguilles des câbles et les interchanger me plaisait bien, car cela évite d’avoir des dizaines d’aiguilles circulaires associées aux bonnes longueurs de câble.
Les kits d’aiguilles interchangeables étant un peu onéreux, j’espère que celui-ci me durera très longtemps !

La technique

Pas de méthode continentale par ici, je tricote de manière « classique » avec le fil dans la main droite. J’enroule juste le fil autour de mon index, de sorte à ne pas avoir à lâcher l’aiguille droite à chaque nouvelle maille, si vous voyez ce que je veux dire…

J’ai trouvé le tricot en rond finalement très facile à aborder. Cela ne change pas tant par rapport au tricot à plat, si ce n’est que l’on se débarrasse souvent des rangs envers. Et quand on n’aime pas particulièrement ça, c’est plutôt chouette !
Pour tricoter des petits diamètres, comme pour des manches de pull ou des chaussettes par exemple, la technique qui est souvent utilisée est celle du magic loop. Il s’agit en fait de tricoter une pièce de petit diamètre grâce à des aiguilles circulaires montées sur un câble bien plus grand que le diamètre en question. Grâce à un jeu de coulisse, on tricote alternativement sur l’aiguille droite et sur l’aiguille gauche, et c’est magique : un petit tube se forme.
N’hésitez pas à bien serrer les deux premières mailles au début de chaque rang, pour éviter les mailles un peu trop lâche au niveau de la jointure.
Il est aussi possible de tricoter ces petits diamètres grâce à des aiguilles double-pointes.

Pour commencer, je ne peux que vous conseiller de vous entraîner sur un petit ouvrage dans un premier temps. Pour ma part, je me suis entraînée sur un béret, en utilisant un câble de 40 cm. C’était parfait, car j’ai pu tester dans un premier temps le tricot en rond « classique », puis terminer en magic loop, à mesure que le diamètre à tricoter rétrécissait (plus je m’approchais du sommet du béret). Une bonne manière de se lancer !

Ressources : le livre « Je me mets au tricot » de Lise Tailor, Youtube et sa multitude de vidéos décrivant chaque technique, les podcasts tricot, en anglais ou en français, pour faire le plein d’inspiration.

Le choix de la laine

En fabricant moi-même mes vêtements, que ce soit en couture ou en tricot, ma volonté première est de consommer différemment (en plus de m’amuser, évidemment). Dire non à la fast fashion, choisir des matières les plus écologiques et durables possibles, en prendre soin. Pour ces raisons, je préfère tricoter avec des fils d’origine naturelle (animale ou non) plutôt que synthétique, et si possible avec des traitements chimiques limités. Même si pour certaines pièces, comme les chaussettes, il est recommandé d’utiliser un fil contenant du nylon, le rendant plus résistant aux frottements.

Pour ce premier pull, le patron recommandait d’utiliser un fil composé de mohair et soie, tricoté en double. Comme je n’étais pas certaine que ce premier projet soit une réussite, j’ai préféré me tourner vers un fil relativement peu onéreux et j’ai donc choisi la kid silk de la marque Drops (coloris curry), connue pour son bon rapport qualité-prix.
L’élevage des chèvres pour la production de mohair est toutefois sujet à polémique, pour des raisons de respect du bien-être animal. Il semblerait que cet aspect soit négligé dans les élevages à échelle « industrielle », à l’autre bout du monde… Je ne l’ai appris qu’après avoir fait l’acquisition de ces pelotes. A l’avenir, je privilégierai autant que possible des fils provenant d’élevages plus proches, plus respectueux du bien-être des animaux et de l’environnement, quitte à y mettre le prix !

Si vous êtes dans une démarche similaire, pensez aussi à l’achat de seconde main : on trouve souvent de la laine ancienne dans les vide-greniers ou les puces couturières. Elles contiennent souvent un pourcentage de synthétique, mais cela peut-être une bonne alternative tout de même !

Je suis malgré tout très contente de la qualité de ce fil, qui me semble, après quelques semaines d’usage, bien résistant. Je n’ai d’ailleurs entendu que du bien à son propos (attention toutefois si votre peau ne tolère pas le mohair, ou si vous êtes sujets aux allergies respiratoires !).

Le choix du patron

Pour ce premier pull, j’avais envie d’une forme très classique et intemporelle, avec un petit twist moderne (et une couleur qui va avec le reste de ma garde-robe, mais que je n’avais pas encore). C’est exactement l’esprit des patrons de Petite knit, que j’adore quasiment tous !

J’ai trouvé les explications très claires, et ce modèle m’a paru assez simple pour débuter. Pas de point texturé, de dentelle, ou de torsades qui compliquerait la chose. Il est de plus disponible en français, si vous êtes plus à l’aise dans cette langue. Je vous conseille de suivre calmement les explications pas à pas, en vous aidant si besoin d’ouvrages de tricot ou de vidéos pour visualiser les techniques utilisées (german short rows, relevage de mailles, rabattage élastique à l’italienne…).
Ce pull se tricote en top down, c’est à dire de haut en bas. L’avantage, c’est que vous pouvez l’essayer au fur et à mesure pour savoir où vous arrêtez de tricoter le corps ou les manches.
La seule modification que j’ai apporté à ce patron, ce sont les côtes torses à la place des côtes 1×1 au niveau de l’encolure, des poignées et du bas du corps. Je préfère cette finition que je trouve plus régulière, mais chacun ses goûts ! J’ai aussi relevé beaucoup moins de mailles que préconisé au niveau de l’encolure (une centaine il me semble), impossible d’en relever plus ! Cela n’a toutefois pas eu d’incidence sur le rendu final du pull.

Voilà pour ce que je peux vous dire à propos du tricot en rond et de ce patron ! N’hésitez pas à apporter votre contribution ou à poser vos questions en commentaires. D’ici-là, je vous souhaite un bon tricot ;)

8 Comments

  1. nicky marsigny Reply

    nsesenna@gmail.com
    Bonsoir,
    J’avais très envie d’essayer les différents modèles de petite knit mais je me demandais à chaque fois qu’elle technique de montage de mailles utiliser afin que l’encolure soit suffisamment élastique?
    La méthode classique ne convient pas et il m’est déjà arrivé de finir un pull que je ne pouvais pas passer par la tete
    Merci de m’eclairer Sur ce point et bravo pour ce pull magnifique !
    Nicky

    • Bonjour Nicky, on ne commence pas à tricoter ce modèle par l’encolure, donc je ne saurais pas te dire pour ce qui est des techniques de montage élastique (je n’ai pas ce souci). En revanche, pour ce qui est du rabattage (quand on tricote l’encolure en dernier, donc), j’ai utilisé la technique du rabattage à l’italienne conseillé par Petite knit et c’est nickel !
      Pour les chaussettes, j’utilise cette technique de montage des mailles, qui est très élastique : http://www.soobelle-yarn.com/montage-extensible-pour-cotes-11/ Peut-être qu’elle pourrait te convenir ?

  2. Oh!!! superbe! et justement comme toi j’adore quasi tous les design de Petite Knit mais ne savait pas trop par lequel commencer pour me lancer sur le tricot circulaire! J’ai peut etre trouvé, avec une hésitation avec le sunday tee ou cardigan :)

    Au plaisir de voir tes autres tricots!

    • Merci Marie-Laure ! Tous ces designs donnent envie, je suis d’accord :) Je pense que tu peux te lancer sur n’importe lequel, avec les explications du patron et tous les tutos que l’on trouve sur youtube, ça ira comme sur des roulettes !

    • Merci pour ces informations qui seront très utiles sans aucun doute car je n’ai pas encore osé me lancer moi-même dans ce type de tricot et pourtant les coutures finales ne sont pas mon fort.
      C’est très clair !
      Ps:le rendu est superbe

      • Merci beaucoup Dominique :) Il ne faut pas hésiter à s’exercer d’abord sur un petit ouvrage, ça fait moins peur et au pire, cela prendra moins de temps s’il y a besoin de détricoter pour recommencer ! Bon tricot !

    • Merci Camille ! Tu verras, une fois qu’on a testé le tricot en rond, difficile de s’en passer ;)

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